Masturbation entre inconnu.e.s à Londres

Paraîtrait-il que l’Est serait le nouvel eldorado européen, avec ses anciens hangars métamorphosés en boîtes (du jamais vu dans l’histoire du clubbing), ses premières nécessités pas chères (drogues, putes, nourriture et appart’) et son architecture in-com-pa-rable. Mais nous refusons de céder aux sirènes cyrilliques. Car comme toute personne sensée le sait : le pilier (ex)européen de la gaudriole c’est l’Angleterre, berceau du hooliganisme, du cidre en canette et de la drum & bass. Si vous passez par Londres, entre bars à eau, rave pré-taf et découverte de perles musicales, prenez le temps de vous inscrire aux classes de Méditation Orgasmique (OM) : autrement dit, une session de masturbation entre inconnus.

Le concept ? Mesdames, il s’agit de « développer la résonance conjonctive avec vous-même et votre partenaire ». Traduction : vous faire titiller le clitoris par un parfait inconnu jusqu’à ce qu’orgasme s’ensuive. Le sens de l’humour à l’anglo-saxonne, certifié avec addictif.

Comment ça marche ? Vous arrivez à votre classe, vous enlevez le bas et vous vous allongez à côté de votre partenaire de travail. C’est parti pour 15 minutes de « pleine conscience et de concentration dans lequel l’objet de la méditation est le contact entre le bout du doigt et le sexe ».

Le but ? Prendre son pied sans les lourdeurs du rencard précoït Développer sa capacité d’empathie, la relation avec son propre corps et son attention à travers l’orgasme.

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Non, ceci n’est pas une maison close pour femmes. Oui, la théorie sur laquelle s’est construite cette pratique est en béton armé. Inventée par Rachel Daedone et inspirée d’usages tantriques bouddhistes, l’OM s’est propagée comme un feu follet au cours des cinq dernières années. Non Messieurs, vous n’êtes pas oubliés. La branche anglaise prévoit des classes à dominante masculine afin d’apprendre à correctement faire usage de vos petites menottes.

En effet, l’OM promeut un plaisir partagé, et il semblerait que la concentration sur le point de plaisir féminin soit à même de déclencher la jouissance masculine par effet de mimétisme et d’empathie. Selon la praticienne Rachel Tayeb : « il s’agit pour les deux partenaires de prendre l’impulsion la plus forte, celle de l’orgasme, et de l’approcher d’une manière tout à fait nouvelle ».

La dynamique est simple : en sortant l’acte sexuel du calfeutré de la chambre et en le libérant d’une imagination guindée, le plaisir permettrait à esprit et corps de communier jusqu’à atteindre un certain dépassement de soi : autant dire que c’est d’un autre niveau que vos petits orgasmes suivant 10 minutes de cuillère.

Selon Daedone : « il faut différencier l’orgasme du climax. Le climax représente quelques secondes d’expérience physique alors que l’état orgasmique est continu – il tend à un état de conscience optimale déclenché par l’impulsion sexuelle. C’est ce sentiment d’être complètement absorbé dans l’expérience : quand tous les parasites psychiques se taisent, quand vous n’êtes plus coincé dans votre tête, quand l’égo est défait. Lorsque cet état survient, notre sens des limites se défait également. Dans l’état orgasmique, nous sommes complètement présents à nous-mêmes, et un sens bien plus intuitif et profond s’éveille ». Qu’Allah protège l’Etat Orgasmique.

Pour vous renseigner et réserver votre place pour la prochaine cession, c’est ici.

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