Une slow-life c’est possible?

© Flickr-CC-Frédéric BISSON

Parfois, Souvent, Tout le temps j’aimerais que Facebook n’existe pas. N’ait jamais existé. Que Twitter, Instagram, tout ça n’ait jamais existé.

J’aimerais passer mes coups de fil sur des téléphones qui ne feraient que téléphoner.

J’aimerais avoir une carte pour les cabines téléphoniques.

J’aimerais donner rendez-vous à des gens qui viendraient à l’heure car ils ne sauraient me prévenir de leur retard.

J’aimerais avoir cinq amis, pas plus, parce que la raison fait que je ne pourrais en avoir plus.

J’aimerais sortir avec eux dans des endroits sympas de notre quartier. J’aimerais vivre dans Friends, oui c’est vrai.

J’aimerais me satisfaire d’un boulot stable où je gagnerai juste assez.

J’aimerais arrêter de vouloir partir sans cesse à l’autre bout du monde.

J’aimerais que mes amis arrêtent de partir à l’autre bout du monde, comme s’ils avaient quelque chose à prouver.

J’aimerais demander mon chemin à des vrais gens quand je suis perdue.

J’aimerais qu’on me téléphone. Que mes amis me téléphonent quand ils savent que ça ne va pas.

J’aimerais que mes amis aient assez de temps pour se rendre compte que ça ne va pas.

J’aimerais que la vie ralentisse. Et qu’on ne m’en veuille pas de la ralentir.

 

Alors c’est décidé. Je me désabonne de tout le monde. J’arrête Whatsapp. Je désynchronise mon téléphone portable. Je me promène avec un plan. Avec les horaires du métro. J’ose parler aux gens quand je ne sais pas. Quand je suis perdue. Je vais à la bibliothèque et au cinéma. J’écris dans le métro. Je pense dans le métro. Je réfléchis ou rien tiens, je ne fais rien. Et j’attends de voir qui m’appelle. Et si c’est personne tant pis. Tant mieux. Ca m’évitera le tri. Car c’est pas vrai, on ne peut pas avoir autant d’amis. Plus j’en ai plus je me sens seule. Comment cela est-ce possible ? Est-ce qu’on se sentait moins seule en 1995 ? Quand on prévenait de son retard dans des cabines téléphoniques ? Sûrement. Sûrement pas. Alors j’essaie. Je ralentis ma vie.

Slow-life. Voilà à quoi j’aspire.