Tout a une fin. Seule la saucisse en a deux.

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Vous en avez rêvé, il l’a fait. Alex, du Petit lexique du Français à Berlin, vous dit tout, tout sur les saucisses allemandes !


(Ce post est déconseillé à nos ami·es végétarien·nes et vegans)

C’est ce qu’affirme un célèbre dicton allemand décliné en chanson en 1987 par un chanteur oublié, Stephan Remmler. Car s’il est un sujet sérieux pour les Allemands (ouais bon ok tous les sujets sont sérieux avec eux), c’est bien la Wurst, la saucisse quoi, véritable emblème national et pas qu’en cliché. Il en existe selon les statistiques 1500 sortes différentes (charcuterie comprise) de ce côté du Rhin.
Comment s’y retrouver ? Voilà un peu d’aide :

Avant tout, il faut bien garder à l’esprit que le mot Wurst peut aussi bien définir la charcuterie au sens large que la saucisse.

Die Bockwurst : correspond à ce que l’on appelle saucisse de Francfort en France. Se déguste notamment dans la soupe de légumes ou dans un petit pain. Rien à voir avec la (« mais tu m’avais dit qu’on ferait des ») knacki, elle craque sous la dent ! C’est celle là que votre collègue de boulot pose sur son bureau tous les midis.

Wiener Würstchen : des saucisses littéralement viennoises, qui se cuisent à la vapeur et ne diffèrent finalement que peu de la Bockwurst, si ce n’est pas la taille et l’épaisseur.

Die Weisswurst : blanche, bavaroise, de veau et de porc, se mange avec de la moutarde sucrée vers 10h du matin à Munich sur le Viktualienmarkt. Se rapprocherait du boudin blanc, juste pour se faire une idée quoi.

Die Currywurst : pas besoin de vous faire un dessin les berlinois ? Elle se commande « mit oder ohne Darm ». Traduction : boyau. Comprendre : peau.

Die Nürnberger Rostbratwurst : la saucisse à griller en petit format originaire de Nuremberg. Elle ne peut être produite que dans cette région. La marjolaine lui donne son goût spécifique.

Die Thüringer Rostbratwurst : la classique que l’on grille tout l’été au barbec et que l’on achète à la sauvette ! Spécialité de Thuringe, il faut avoir goûté la vraie bonne Bratwurst sur place pour se rendre compte que l’industrielle de chez Lidl est médiocre.

Pensez à la Wurstifle pour recycler vos saucisses Lidl (désolé)

La Debrecziner est originaire de Hongrie, parfumée au paprika (forcément) mais adorée de nos amis allemands. La Krakauer renvoie à une saucisse polonaise fumée. Pour elle aussi un Allemand serait même prêt à arriver dix minutes en retard à un rendez-vous, c’est dire !

La France n’est tout de même pas en reste avec les saucisses de Toulouse, Morteau ou Montbéliard. En France, on la fume beaucoup plus (comprenez ce que vous voulez).

Puis on a ensuite tout ce qui est « Wurstaufschnitt », comprendre charcuterie puisque tranché : Salami, Mortadella (qui n’a rien à voir avec la vraie Mortadelle), Lyoner, Fleischwurst, Jagdwurst, Bierschinken mais aussi des à étaler comme la Leberwurst, Blutwurst (saucisse de sang, oui oui du boudin), Mettwurst (cru sur du pain avec des oignons)… Bref vous l’aurez compris, il n’est pas bon être un cochon en Allemagne !

Sur ce apprenez bien votre leçon, pensez à faire du tourisme charcutier et bon appétit ou bonne indigestion !