Slate – « Vivre dans une comédie romantique »

Un excellent article de Michael Atlan à lire sur Slate

« Tous ces films qui ont atteint le sommet du box-office et affolé les audiences télé pendant des décennies seraient la cause de ces millions de célibataires qui errent dans nos villes.

Le premier acte de cette histoire commence un peu comme un film de Nora Ephron, une version de Vous avez un message avec deux blogs au lieu de deux e-mails. Comme ça m’était arrivé à plusieurs reprises auparavant, je l’ai rencontrée dans les commentaires de nos blogs respectifs. Pourquoi elle? Je ne sais pas. Comme pour Meg Ryan et Tom Hanks, il y avait un truc qui passait, une connexion, une alchimie. Nous avons donc convenu, après plusieurs mois de discussions, de nous rencontrer «pour de vrai». Ça se passerait un dimanche d’hiver dans un café du marais. J’ai pris un thé. Elle a pris un chocolat chaud. On a discuté un peu comme si on se connaissait depuis toujours, pendant plusieurs heures.

Et à la nuit tombée, j’avais cette sensation étrange, celle qu’avait dû ressentir Ethan Hawke face à Julie Delpy à la toute fin de Before Sunset. Ce genre de sensations qui vous fait appeler votre meilleure amie le lendemain parce que votre coeur bat trop fort, parce que vous ne pouvez pas tout garder pour vous, parce que votre coeur n’arrête pas de se serrer quand vous pensez à son sourire.

Etoiles alignées

Le deuxième acte pouvait commencer. Il allait beaucoup ressembler à ces films dans lesquels les personnages ne cessent de se croiser et se perdre de vue, au fil du hasard (ou du destin), des films comme Quand Harry Rencontre Sally ou 7 ans de séduction. Pendant plusieurs mois, elle a arpenté le monde pour le travail. Je n’avais donc que des photos, des textes publiés sur un blog et quelques e-mails de temps en temps pour entretenir cette connexion. La distance. Celle qui sépare Meg Ryan de Tom Hanks dans Nuits Blanches à Seattle ou Kate Beckinsale de John Cusack dans Un Amour à New York. Une distance qui attise, qui crée de l’espoir, celui de se retrouver un jour, un soir, en haut de l’Empire State Building quand toutes les étoiles seront alignées.

Puis un matin, je l’ai croisée dans le métro. Comme ça. «Quand l’amour ressemble à de la magie, on appelle ça le destin. Quand le destin a le sens de l’humour, on appelle ça la sérendipité», disait la bande-annonce de Un Amour à New York. Alors c’était peut-être ça. (…) »

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