Slate – « Le féminisme choupi »

Flickr - CC - Ashley MacKinnon MacKinnon

Ça a la couleur du féminisme, ça a l’odeur du féminisme, le goût du féminisme (si on avale très vite). Mais ne vous faites pas avoir: ce n’est PAS du féminisme.

«Nous venons en paix! Regardez, on a même apporté des macarons, on porte des petites robes blanches mignonettes, et on penche légèrement la tête sur le côté comme un chiot à adopter». C’est le message que semblent vouloir véhiculer celles que nous nommerons pudiquement les «ambassadrices du féminisme mignon». Et il en va de ce féminisme-là comme d’un produit grossièrement contrefait: il fait d’abord illusion en arborant tous les signes extérieurs recommandés (y a écrit «girl power» dessus comme le petit croco apposé sur le faux polo Lacoste), et en y regardant de plus près, (on se rend compte que le croco a la gueule en biais), on se demande vite si on serait pas en train de nous prendre pour des couillonnes.

Entrer en féminisme comme on se met à Snapchat

Tout a la fois dernier né et parangon de cette insupportable tendance, la plateforme «Le salon des dames» fait figure de cas d’école. Elles sont d’abord apparues sur Twitter en suivant les comptes de féministes revendiquées. Puis, on a vu des friends enthousiastes (pardonne-leur Sainte Olympe de Gouges) partager sur notre feed Facebook des statuts vibrants assortis de jolies photos sépia, de citations éloquentes piquées sur Evene, ou de gif rigolo et rétros.