Pourquoi il faut absolument re-regarder « Rebelle »

Si toi aussi tu en as marre d’entendre les vieux te demander si “t’as enfin rencontrer un bel allemand” à Berlin dès tu rentres au pays, si toi aussi tu aspires à devenir cette working girl ultra indépendante et accro malgré elle aux anglicismes, si toi aussi tu veux échapper aux codes et aux cases, un conseil pour ton prochain dimanche soir : annule tous tes plans et réserve toi un moment avec Mérida.

Rebelle c’est, long story short, l’histoire d’une jeune femme destinée à tout sauf à ce dont elle rêve. C’est l’histoire d’une jeune fille dont on a arrêté le destin à sa place. L’histoire d’une aînée promise à épouser un guerrier les yeux fermés, contrainte à se voir imposer une attitude de princesse bien loin de sa personnalité… Bref : Rebelle c’est l’histoire d’une badass rousse féministe qui a dit “F*ck” à la vie façon Cendrillon.

Mérida, de son petit nom, est l’aînée d’une famille royale écossaise dont le dialecte anglophone, sans les sous-titres, c’est chaud à décrypter. Déjà enfant, elle avait troqué ses poupées médiévales contre un arc à flèches, au grand dam de sa mère (mais qui a clairement inspiré Katniss Everdeen). Tandis que ses parents attendent de leur fille qu’elle se conforme à la vie qu’on a choisie en son nom (mari, mioches et bonnes manières), Mérida ne rêve que d’une chose : de liberté (et de pouvoir arpenter les forêts à cheval, les cheveux roux dans le vent. Oui graphiquement parlant, sa chevelure en jette).

Rebelle, c’est aussi une histoire d’acceptation, de dialogue familial et au-delà des attentes et des transferts d’une mère sur sa fille, c’est de l’amour qu’il est question, qu’elles se portent l’une à l’autre sans pouvoir le voir. Et si on pousse la réflexion un peu plus loin : Rebelle nous raconte aussi un choc de génération, une rupture des traditions et une belle remise en question.

Le 112e film de Disney est un must see pour toutes celles qui se demandent à un peu ce dont elles ont envie, ou plutôt qui savent déjà ce à quoi elles n’ont pas envie de se conformer. Et si 2017 a été une année charnière dans la libération de la parole des femmes, puisse 2018 l’être dans la libération de leurs aspirations.

PS : Prière de ne pas se fier à la Mérida 2.0, relookée pour entrer au club très VIP des princesses Disney. Non. Privée de son arc pour une ceinture bouclée, de sa cap all black pour une robe aux épaules dénudées… physiquement elle n’a plus rien à voir avec le personnage rebelle du film éponyme. Fallait-il la féminiser à ce point pour faire d’elle une princesse ? Gosh! So close but yet so far, les gars.

Photo de Une : © Disney