J’ai testé Happn

C’est l’hiver, il fait froid, le rythme de boulot s’est un peu ralenti, certains clients ont congelé c’est garanti, résultat je m’ennuie (et je me retrouve à faire des rimes c’est vous dire mon estime GOTT SHUT UP). MAIS SURTOUT c’est la veille de la Saint Valentin (sauf que qu’est-ce qu’on s’en fouuuuut).

Mon égo est au point mort maintenant que je me prends des vagues de froid à -10 degrés dans la gueule : rougeurs, orgelet, eczéma… Or, l’expérience a montré que pour ça, il n’est rien de mieux qu’une bonne vieille dating app.

J’ai hésité à réinstaller Once ou Tinder (vous avez noté le « ré » n’est-ce pas). Par conte je n’ai pas hésité une seule microseconde concernant okcupid. On se rappelle tous du « j’ai testé okcupid » l’an passé. Comment ça vous vous rappelez pas?

Mais si faites un effort enfin, mon traumatisme a duré quelques semaines:

Avant que je laisse officiellement tomber:

Du coup je me suis dit allez, happn j’ai pas encore essayé.

J’ai donc installé l’appli à 16h32 un mercredi après-midi. 10 millions de téléchargements, pas mal. Ma première pensée a été : qu’est-ce que je fais si mes collègues de bureau sont dessus ? Parce que je sais pas trop ce que ça fait comme première impression d’être signalée sur happn 2 jours après avoir commencé à tafer dans un espace de coworking. Mais bon mon besoin self-estime était trop fort, j’ai choisi de reléguer cette pensée dans le tiroir dédié aux « qu’est-ce que je fais si je gagne jamais ma vie avec mes bouquins » et aux « qu’est-ce que je fais de ma vie si je reste seule sachant que je suis allergique aux chats ». J’ai donc installé et rempli mon profil en cachant un peu mon portable, jamais j’ai autant éteint et rallumé l’écran en une minute.

Ma deuxième pensée, quand je vois les photos qui s’affichent sur ma timelime, c’est que s’ils m’affichent tous les mecs que j’ai croisés dans la Oranienstr à Kotti, on n’est pas sortis de l’auberge (charmante rue commerçante du coeur de Kreuzberg à Berlin, connue pour ses falafels à 2€ et ses barbiers pour hipster). Parce que certes, autour de moi, j’ai probablement plein de beaux gosses travaillant corps (mmmm) et âmes à leurs start up sur leurs macbook, concrètement je les vois de ma fenêtre en fait (je pourrais faire coucou qui sait!), mais en bas c’est Kotti quoi… Faudrait pouvoir limiter les profils à 20mètres autour de moi, ça ferait déjà 2 immeubles plein à craquer de stagiaires et autres jeunes dynamiques berlinois, ce qui en soi m’irait déjà très bien.

Bien, il est l’heure de faire un petit tour d’horizon des profils rencontrés jusque là.

16h38 : 4e dans la liste des profils : XX, 29 ans, Zalando. Bon bah voilà ça c’est fait. XX ne m’excite pas un poil, par contre XX me donne envie de mener une étude statistique sur le pourcentage d’hommes et de femmes vivant à Berlin inscrits sur une application de rencontre et qui travaillent chez Zalando. On doit frôler les 69%.

16h41 : Je réalise qu’happn est pas méga méga ouvert d’esprit puisqu’à aucun moment l’application ne m’a demandé si j’étais homo, bi ou hétéro. Bof bof ça hein!

16h42 : Tin, j’avais oublié le charme des courtes présentations : qu’est-ce que tu aimes Sven, 27 ans, dans la vie ? Le crossfit et traîner dehors. Passionnant.

16h44 : Eh ben on perd pas de temps sur happn, le must-have de la dating app défile sous mes yeux en quelques secondes seulement : le mec qui fait un selfie, le mec en short fluo sur la plage, le mec avec son chat, le mec aux grandes oreilles, le mec qui a l’air d’avoir 12 ans et 42 en même temps, le mec qui a mis une photo ignoble WTF rien à voir, le mec qui se prend en photo en costume dans l’ascenseur, le vrai/faux médecin… Oh, Lars, 29 ans, MERCI : le selfie avec téléphone dans le miroir de la salle de bain.

16h46 : On notera néanmoins une certaine originalité encore peu vue sur Once par exemple : Markus, 26 ans nous propose une biche, je dis d’accord, surtout que c’est sa seule photo de profil. Le mec s’est inscrit et a mis une biche. Osé. Gérald, 33 ans, cheveux longs, barbe sale, est en train de couper une pizza. Profession : prof de yoga. Ouais.

16h58: Y a des mecs t’as l’impression c’est des recherches de police qui se sont glissées au milieu.

17h02 : Benedikt était pas mal, mais bon, notre seul intérêt commun c’est club der visionär (after bien connu du milieu berlinois où l’on vient s’estranssiner comme on dit chez moi à partir de 13h de l’après-midi). Et puis dans ses photos y en a une de lui en train de transpirer dans du latex. Etonnant qu’on n’ait pas eu « berghain » aussi en commun.

 

17h05 : J’ai un haut-le-coeur à la Tinder, trop de mecs en trop peu de temps, je ferme l’application.

17h12 : Je désinstalle l’application. Je vomis du selfie d’ascenseur c’est mauvais signe.

17h23 : Je réinstalle Once.