Diglee – « Coup de poing du mercredi soir »

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Aujourd’hui, j’ai beaucoup pleuré.

J’ai pleuré de rage, ce matin, en lisant l’article de Brain sur les criminels sexuels touts puissants.

J’ai pleuré en pensant à toutes ces victimes de viol, enfants et adultes, qui se débattent pour survivre, qui ne savent pas quoi faire de cette vérité, et qui doivent se battre autant avec la menace qu’ils fuient qu’avec la société qui ne les croit pas.
J’ai pleuré de désespoir en constatant qu’encore aujourd’hui, le viol est sujet à toutes les blagues, attitudes vaseuses et dénigrements en tout genre. Qu’on en rit, qu’on le banalise, qu’on le minimise (cf l’actu avec notre Baupin national et ses agressions qualifiées de « compliments. », ou la super blague de Laurent Laffite à Cannes).

J’ai pleuré de découragement en sortant du très très mauvais film, « Elle », visionné dans l’après midi (je ne pouvais pas faire plus à propos…) qui parle d’une femme bourgeoise qui se fait violer dès la scène d’ouverture par un inconnu cagoulé qui pénètre chez elle par effraction… et qui finalement aime ça et en redemande, tombant sous le charme de son agresseur, d’abord sans le savoir, puis en le sachant très bien.
Le film rend le viol totalement anecdotique, un détail qui ne la fragilise pas outre mesure et disparaît bien vite au profit d’un jeu sexuel volontairement dérangeant, et fait de surcroît passer l’héroïne pour une tordue, ELLE, d’aimer ça quand celui qui la viole passe pour un simple « torturé ».
J’en passe sur ce film qui est une vision bien romancée et masculiniste du viol (et pourtant, j’avais aimé Basic Instinct. Je ne partais pas braquée, je l’attendais même beaucoup).
Pas étonnant que le film soit en sélection officielle pour Cannes, qui a choisi un film de Woody Allen pour ouvrir le festival… HEM.

J’ai pleuré de déception quand mon amoureux à la suite de mon post ce matin, m’a dit que la pédophilie (actée, j’entends, donc le viol sur enfant) et le viol n’étaient pas la même chose. Que quand je parlais de culture du viol pour parler des pédophiles, je rapprochais deux choses qui étaient différentes. Que oui, dans le viol les femmes étaient les premières victimes, mais que je ne devais pas tout mélanger (#mansplaining).
Que je devenais parano quand, à ces mots, je me suis mise à gueuler.
Moi ce que je vois, c’est que femmes ou enfants, les victimes souffrent autant. Que les agresseurs sont en majorité des hommes (même s’ils sont des exceptions, et non représentatifs DES hommes,), et que les victimes ont souvent du mal à se faire entendre, parce que les puissants sont des hommes (cisgenre blancs et hétéros) protégés par d’autres hommes (cisgenre blanc et hétéros), place de choix dans notre société patriarcale. (…)

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