Récit

© Pascale Boudeville

A plein gaz, la moto parcourt le maquis syrien et fend la terre aride, meurtrie par l’hiver et la guerre. Depuis plusieurs jours, les jihadistes de l’Etat islamique et les rebelles syriens s’affrontent sur ce no man’s land, situé à l’ouest de Raqqa. Aujourd’hui, la voie est libre. Pas un check-point en vue, ni le moindre soldat. Seules quelques habitations à l’horizon. Stéphanie* et son fils vont pouvoir passer.

Installée derrière son chauffeur, cette Française âgée d’une vingtaine d’années tient son fils dans ses bras. Epuisé par la course, le petit garçon s’est endormi malgré les incessants soubresauts, inévitables sur cette route bosselée. Soudain, un aboiement brise la monotonie du ronflement du moteur. Un chien les prend en chasse. « J’ai cru qu’il allait nous bouffer, il a dû avoir peur quand il m’a vu tout en noir », raconte Stéphanie. Une fois le molosse semé, le conducteur arrête la moto et se retourne vers la jeune femme. « Retire vite ton niqab, lui ordonne-t-il. On vient de sortir de leur zone. Daech, c’est fini. »

Stéphanie a passé un an et demi dans les territoires contrôlés par les jihadistes de l’Etat islamique. « La vérité, c’est que j’ai toujours voulu rentrer, mais avec mon mari, c’était impossible », assure-t-elle aujourd’hui. Youssef* était un jihadiste convaincu. Il s’est engagé dans les rangs de l’Etat islamique et n’a jamais envisagé de quitter « le Cham », la Syrie et ses pays voisins dans le vocabulaire des jihadistes. Ce n’est qu’après sa mort, en combattant face aux Kurdes, fin 2015, que Stéphanie a pris la décision de rentrer en France. Elle a raconté à francetv info cette odyssée longue de deux mois.

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