Nein au Berghain : les 5 étapes du deuil

Flickr - CC - Alberto Cabello

Il est 3h du matin, tu es face à Sven. Après de savants calculs pour séparer ton groupe en formation 3-3-4-2, une étude approfondie des artistes qui jouent ce soir, un tartinage en bonne et due forme de paillettes sur ton doux visage et malgré le fait que tu n’aies pas prononcé un mot de français pendant les 2 heures et 45 minutes de queue, tu te le prends en pleine tête, le fatal « Nein. »

1. Le déni

WAS ?? WIESO ?? Je viens tout le temps ! Et je mets toujours la même tenue ! Et je suis déjà rentrée avec exactement ces mêmes amis!! Vous avez dû me confondre avec quelqu’un, je sais pas moi, mon double maléfique ! Ce n’est pas possible…

2. La colère

Comment peut-il me jeter ? Moi ? Bisexuelle juste ce qu’il faut. Danseuse de renom, professionnelle du je-bouge-mes-hanches-et-un-peu-mes-bras-mais-pas-trop-rapidement-je-veux-pas-renverser-mon-verre. Moi qui affiche un taux d’entrée positif de 70%, il va faire baisser mes stats. Grrrrrrrr.

3. Le regret

Je n’aurais pas dû autant parler dans la queue, avec mon accent je me suis faite griller à 1 km. Je n’aurais pas dû mettre ce haut, il est trop délavé. Je n’aurais pas dû lui sourire à l’autre, il a dû mal le prendre. J’aurais dû mettre plus de paillettes sur ma face. Si seulement j’avais changé ma tenue, mon expression, mon comportement, ma nationalité et mes valeurs, je serais rentrée c’est sûr.

4. La dépression

C’est trop nul. Tout ce que je voulais, c’était m’amuser et danser, et maintenant je suis au fond du trou. En plus on est en juillet, le soleil est déjà levé. Je n’ai même pas envie d’aller ailleurs, je ne pense pas pouvoir survivre à un autre rejet aujourd’hui. Peut-être que je vais juste prendre un kebab et regarder Gilmore Girls à la maison… Seule.

5. L’acceptation

C’est Berlin. Je ne devrais pas être si dure envers moi-même. Tout le monde se fait rejeter à un moment ou à un autre. C’est ce qui rend l’expérience si spéciale, si passionnante. Sans cet ascenseur émotionnel, il n’y aurait aucune magie. Vraiment, je ne suis pas si moche, je suis encore *plutôt* jeune (au moins dans ma tête) et je vis dans l’une des meilleures villes du monde. Sans oublier qu’il y a beaucoup d’autres clubs… Haaaaaaaallo le Kater!

Article librement inspiré de The 5 Stages of Club Rejection Grief iHeartBerlin.de