Avignon OFF : A voir aussi…

©Les Arpenteurs de l'Invisible

Cet été, Café Babel a envoyé Jule couvrir le Festival off d’Avignon. En parallèle de ses articles thématiques pour le magazine, retrouvez ici, chaque jour, les critiques des spectacles qu’elle est allée voir.

 

Portrait de Ludmila en Nina Simone

C’est un magnifique portrait de Nina Simone que nous proposent ici Ludmila Dabo et David Lescot. On se souvient, on apprend, on vibre… Nos attentes sont remplies.

Le plus ? La volonté de sortir du portrait classique et de le proposer sous forme d’entretien entre David, le musicien, et Ludmila, la chanteuse. Ces allées et venues sont aussi rafraîchissantes qu’intéressantes, on aime.

Le moins ? On dit qu’un roman se raconte dans les toutes premières pages. Pour nous, il en va de même au théâtre. La première scène, le premier tableau, la première chanson envoie un message fort et on aurait aimé commencer par Nina la musicienne, Nina l’activiste, et non Nina la petite copine et femme de. Pourquoi, oh pourquoi commencer par ses relations amoureuses ?

Portrait de Ludmila en Nina Simone : C’est déjà fini mais c’est à suivre.

 

Oh Oh

On s’y rendait avec tellement d’enthousiasme, on avait tellement hâte de les retrouver les deux clowns de la compagnie Baccalà… Peut-être un peu trop. Il faut dire que depuis leur merveilleux spectacle Pss Pss, les attentes étaient sans doute un poil trop haut.

Car on n’a malheureusement pas été transporté cette fois-ci… On n’a pas su bien dire ce qui se passait sur scène, quelles émotions étaient là, distinguer le vrai du faux raté, tout ça. Certes, le spectacle contient trois vrais moments de grâce, des acrobaties impressionnantes et de jolis moments de poésie offerts par l’utilisation de l’échelle mais l’ensemble manque de liant. Vivement la prochaine création !

Oh ohDu 6 au 28 juillet à 14h30 au Théâtre du Chêne Noir. Relâches les 9, 16 et 23 juillet.

 

Play Loud

Un spectacle à ranger définitivement dans la case À VOIR. C’est touchant, c’est violent, c’est enthousiasmant, c’est chantant, beaucoup de participes présents mais ils se justifient : on ne s’ennuie pas un seul instant. Cette pièce de Falk Richter, pensée dans son essence pour que chaque compagnie se l’approprie, est formidablement mise en scène, en voix et en musique par les comédiens du collectif Géranium. Ils et elles sont formidables, et vous ne regretterez pas un seul instant d’avoir choisi de passer la soirée avec eux, mais aussi les Black Eyed Peas, Jacques Brel ou encore Gala. Alors allez-y, allez parler d’amour, allez penser l’amour avec eux.

Play Loud Du 6 au 29 juillet à 22h15 au Théâtre du Train Bleu. Relâches les 9, 16 et 23 juillet.

 

Grande Balade

Magnifique texte que celui d’Hélène Bessette, dont on fête le centenaire cette année. Magnifique texte et très belle proposition de Claudine Hunault, merci d’avoir eu à coeur de nous la faire (re)découvrir. Malheureusement on reste un peu sur notre faim quant au spectacle lui-même, on regrette la mise en scène un peu trop lisse. Dommage, mais on se rattrape en relisant le texte (qu’on s’est empressé d’acheter à la sortie). Pour ça, merci !

Grande BaladeDu 6 au 24 juillet à 15h00 à La Scierie. Relâches les 10 et 17 juillet.

 

 

Jamais jamais

Jamais jamais appartient à la catégorie des spectacles qui vous laissent sans voix. Mon co-spectateur et moi sommes restés un moment immobiles avant d’être capables d’applaudir, et il nous a fallu encore un temps pour nous lever et reprendre le cours de notre vie.

C’est qu’il en faut du temps pour revenir à la réalité, quitter le Pays Imaginaire… Et on le fait à regret.

Vous l’aurez compris, l’adaptation de Peter Pan que nous propose la Compagnie des Arpenteurs de l’Invisible est particulièrement réussie, mélangeant théâtre, musique, vidéo, cinéma d’animation et magie. Enfin un spectacle où des adultes ne tentent pas d’incarner des enfants, non, ce spectacle met en scène des adultes incarnant des adultes qui jouent aux enfants. Et c’est bien là toute la différence. Grâce à vous, nous n’avons pas seulement eu un goût de notre enfance, nous avons renoué avec elle. Vous lui avez redonné vie, merci !

Ah, et on a dit que la scénographie était fantastique ?

Jamais jamaisDu 6 au 27 juillet à 15h35 au 11 Gilgamesh Belleville. Relâches les 11, 18 et 25 juillet.

 

Hilda

©Michel Hartmann

« Hilda » est un conte, une fable cruelle, grotesque, drôle et tragique à la fois. Un thriller social, traité entre réel et imaginaire, un miroir implacable dans lequel personne n’oserait se reconnaître. Les personnages peints au scalpel par Marie NDiaye nous attirent et nous effraient.

On avait hâte de découvrir la Hilda de Jean Doucet. Fin du suspense : nous n’avons pas été déçu. On a même adoré. Ce texte, d’une puissance grave, résonne avec une grande justesse dans la bouche de Marie Moriette. La scénographie est à la hauteur de nos attentes (simple et subtile, profonde, à l’image du texte) et la présence du musicien Nicolas Naudet sur scène est une excellente idée. En un mot, l’équilibre entre musique, texte, interprétation et lumière est tout simplement parfait. Un grand moment de théâtre.

HildaDu 6 au 29 juillet à 22h15 au Petit Louvre. Relâches les 11, 18 et 24 juillet.

 

Hedda

« HEDDA commence de la façon la plus quotidienne et s’achève aux confins du froid et de la peur. On y raconte l’histoire d’un couple qui observe, au fil des jours, la violence prendre place sur le canapé du salon, s’installer et tout dévorer. »

Ce n’était peut-être pas le bon jour pour nous, pas le bon moment, mais même si nous ne pouvons qu’applaudir la performance d’actrice de Lena Paugam, nous n’avons pas accroché à 100%. Peut-être avions-nous trop peur du sujet et nous nous sommes « blindé » avant d’entrer dans la salle… Difficile de savoir ce qui nous a manqué, si cela venait de nous ou de la pièce. Le reste du public, quant à lui, semblait emballé, comme la presse d’ailleurs, qui a fait d’Hedda l’un des spectacles à voir absolument pendant ce festival.

Ce qui nous a un poil gêné : l’ambition, affichée d’emblée, de nous inviter « à nous détacher des réflexions binaires et des jugements hâtifs. » Car c’est vraiment à regret que nous n’estimons pas le contrat tout à fait rempli.

HeddaDu 6 au 26 juillet à 14h45 à la Manufacture. Relâches les 12 et 19 juillet.